Les Balkans et moi – 1 – La découverte, 2015-2018 : je raconte ici comment j’en suis venu, par des « hasards », trouvailles et rencontres, à m’intéresser aux Balkans. Voici le début de mon parcours.
Les prémices
Il y a 8 ans – j’en avais 15 –, en novembre 2015, Youtube m’a proposé une chanson albanaise, alors que je ne connaissais rien de la région. L’algorithme avait du penser que je serai intéressé, puisque j’écoutais de la musique iranienne… Alors je l’ai écoutée, puis les autres suggestions aussi, dans les semaines qui ont suivi.
Un an a passé, et mon intérêt pour les langues a grandit : linguistique, langues étrangères, voyages, musique. Mes recherches m’ont mené vers la Pologne, et j’ai décidé d’apprendre le polonais… seul… Bien sûr, je n’ai pas réussi, alors je me suis rabattu sur le pays, l’histoire, la culture, la musique, les memes. Et j’ai exploré quand même un peu la langue. Donc des insultes (primordiales, lorsque l’on veut jurer sereinement sans que personne ne nous comprenne).
C’est alors que le mot « kurwa » (p*te) est survenu, dont la prononciation ne m’était pas inconnue : je l’avais entendu dans des chansons albanaises……… Révélation (non, pas vraiment, mais j’aime quand je trouve ou comprends des liens entre les choses). Sur ce, je suis parti deux semaines avec mon père en Pologne, à l’été 2017, explorer l’est du pays.
Un an plus tard, à l’été 2018, Youtube m’a cette fois-ci proposé des chansons bulgares, mais leur provenance, ça, je ne le savais pas. J’ai reconnu un alphabet cyrillique qui n’était pas le même que le cyrillique russe, mais je ne me suis pas attardé. Pourtant, habituellement, je cherchais les paroles pour découvrir de nouveaux alphabets et langues (et non pas pour comprendre une éventuelle beauté du texte…). Deux mois plus tard, j’ai su ce que c’était.
Ça y est, j’y suis entré !
Je suis entré à l’université en septembre 2018, en Licence LLCER Études Nordiques (LV1 finnois, LV2 norvégien, LV3 russe). En octobre, j’ai sympathisé avec un étudiant macédonien, qui m’a fait rencontrer une amie bulgare, que j’ai revu ensuite et qui est devenu une amie. Je ne connaissais rien de leur région.
Enfin, presque ! Jeudi 11 octobre 2018, révélation (une vraie, cette fois) : les chansons qu’ils écoutaient, je les écoutais aussi. Elles étaient bulgares. Nous étions tous les trois surpris : « comment ça, tu connais ces chansons ? Eh bien oui, moi aussi, mais vous aussi ? C’est quoi ? Oui, c’est bulgare. Ah bon ? Aaaah, mais alors… » . Et deux minutes avant de rencontrer cette Bulgare, j’avais téléchargé une application pour lui dire « bonsoir » dans sa langue, ce qui fut donc mon deuxième contact avec le bulgare. Ça y est : j’étais rentré, cette fois pour de vrai et consciemment, dans les Balkans.
Des livres
J’ai eu un troisième contact un mois plus tard : dans une librairie d’ouvrages de seconde main que je fréquentais chaque semaine, j’ai trouvé deux (pas tout jeunes) manuels d’apprentissage de langues : un pour le bulgare, un pour le serbo-croate. Dilemme ! Que faire ? Eh bien, prendre les deux, et commencer le soir même par le bulgare, car cela semble plus simple et surtout, il n’y a pas de déclinaisons. La libraire me dit qu’ils étaient là depuis un sacré bout de temps. Un bien beau « hasard » pour moi qui fouillais dans le coin des langues chaque semaine.
Un « hasard » de plus : la bibliothèque universitaire se débarrassait d’ouvrages qu’elle avait déposé dans une boîte. J’y ai trouvé l’Anthologie de nouvelles bulgares, ce qui fut mon premier contact avec la littérature de ce pays.

Pendant les 3 mois qui ont suivi, j’apprenais donc le bulgare avec ce bouquin, tout seul, sans oser demander de l’aide, et j’empruntais des ouvrages sur le pays à la bibliothèque universitaire. Et, comme j’entendais tous les jours du macédonien, langue proche du bulgare, je prenais l’accent et autres éléments de langage de cette première que j’intégrais dans cette dernière. Arrivé à la fin du manuel et ayant avancé assez vite, je me retrouvais bloqué car je n’avais su trouver d’autres ressources pour continuer, améliorer et approfondir mon apprentissage.
Ça y est, j’y vais !
J’avais réussi à économiser de l’argent lors de ma première année de Licence, et j’avais envie de continuer à voyager. J’étais déjà allé en Ouzbékistan, en Espagne, en Pologne, mais chaque fois en duo. J’avais envie de partir en duo, mais que ce soit avec mon sac à dos. C’est ainsi qu’en mai 2019, je suis parti pour « oh je sais pas pour combien de temps » avec mon sac et ma curiosité de découvrir les Balkans et de pratiquer mon bulgare. Bulgarie, Macédoine du Nord, Serbie : ça y est, j’y vais !
Et ce n’était que le début.
La suite ici !


Laisser un commentaire