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Strada Stavropoleos, Bucarest, Roumanie

Balkans – Troisième voyage sac à dos – 2 : Bulgarie et Roumanie


Balkans – Troisième voyage sac à dos – 2 : Bulgarie et Roumanie : retour en Bulgarie pour la 4e fois, et découverte de la Roumanie. Couleurs et contrastes sur mon chemin.

Avant la Bulgarie et la Roumanie, j’ai découvert Sarajevo et suis retourné en Serbie. C’est par ici !

Ceci est un article général. J’écrirai plus à propos des pays et villes, mais aussi de certains sujets, dans les mois à venir.


BULGARIE

Mariage

Comme je l’évoque dans mon article sur mon deuxième voyage sac à dos dans les Balkans de 2022, j’ai été invité au mariage de mes amis bulgares, un an plus tard après la demande faite à 2914 mètres d’altitude sur le mont Vikhren. Alors me voici à Plovdiv, le 11 août, à un mariage, troisième de ma vie auquel j’assiste, le premier ayant été en Ouzbékistan il y a 10 ans.

Plovdiv, Batchkovo et campagne

Cette année, je reste 3 semaines à Plovdiv chez des amis, continue d’explorer la ville, me rends 15 fois dans l’ancienne ville dont je ne me lasse pas. Je m’installe à des cafés en compagnie de chat et du soleil qui me brûle mais dont je profite à fond.

Je vais aussi passer une journée à la montagne à l’occasion d’un anniversaire.

Je fréquente la Bibliothèque nationale Ivan Vazov de Plovdiv, deuxième plus riche bibliothèque du pays, à l’ambiance particulière et retro. Et, pour la troisième (quatrième ?) fois, je vais au monastère de Batchkovo, que je trouve plus authentique et personnel que d’autres monastères.

Et – enfin ! –, je vais à la campagne en Bulgarie, au sud de Plovdiv. Pas juste de passage en transport ou au fin fond de la montagne, non non : je me rends chez les grands-parents d’un ami. Très bien accueilli et nourri, bien sûr, nous y resterons quelques jours en plusieurs fois. Bonne compagnie, bonne nourriture maison préparée avec amour, grand-mère, chat et campagne. Le frigo est toujours plein de nourriture préparée tôt le matin ; la table toujours recouverte de bons petits et gros plats qui disparaissent rapidement dans les bouches qui discutent de tout et de rien – mais surtout de tout.

Sofia

Cette fois, je ne passe que 2 jours à Sofia, où je revois mon ami avec lequel je suis parti à Thessalonique en Grèce l’année dernière. Je suis, encore une fois, en bonne compagnie, et je me nourris plus qu’agréablement. Et je pense déjà à ce qui m’attend le lendemain !

Trajet en train de Sofia, Bulgarie

Ce trajet en train de Sofia à Bucarest avec changement à Roussé à la frontière est exactement ce que j’attendais et voulais : intrigant, surprenant et plus qu’intéressant. Et lent et secouant.

Déjà, l’itinéraire qui contourne le massif du Grand Balkan et s’enfonce dans les gorges de la rivière Iskar. Chance ou hasard peut-être, intuition plus sûrement, je lève la tête de mon bouquin pour apercevoir, au loin sur la montagne, une statue blanche. Après inspection sur Google Maps, je vois que cette statue n’est autre qu’un monument au Grand-père Yotzo. Je m’explique : dyado Yotzo est le personnage de la nouvelle Grand-père Yotzo regarde d’Ivan Vazov, grand auteur bulgare de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Cette nouvelle, je l’ai lue en 2019 dans un ouvrage débarrassé par la BU de Caen, Anthologie de nouvelles bulgares, et il se trouve qu’elle en est ma préférée. Vous savez, tellement de hasards se sont passés entre la Bulgarie et moi que je refuse de croire qu’ils en sont vraiment.

à Bucarest, Roumanie

Après cette inattendue statue, nous continuons vers Roussé, au bord du Danube. Nous nous arrêtons dans une gare à l’air abandonné, changeons de train, posons 15 fois des questions et répondons 16 fois aux questions d’autres passagers tout aussi perdus que nous car, dans cette partie des Balkans, il faut savoir se débrouiller pour prendre correctement le train (ou quoi que ce soit), mais on y arrive toujours. Et sinon, eh bien ce n’est pas grave.

Dans mon compartiment, en face de moi, un monsieur. Il lit un ouvrage en allemand d’un auteur tchèque, prend des notes en hongrois. Le monsieur en face de lui prend des notes en bulgare de son manuel de serbe, bosse en français sur une traduction anglaise.

Compagnon de voyage, Bulgarie
Compagnon de voyage, Bulgarie

À la prochaine gare nous rejoint un couple de Japonais. Rapidement, mon premier compagnon de voyage entame une conversation en japonais. Je me mets à lui parler en anglais, puis nous passons en français et il m’explique que lui aussi, il avait appris le finnois. Comment dire… Allemand, tchèque, hongrois, anglais, japonais, finnois… Français, anglais, bulgare, serbe, espagnol… Tout cela en Roumanie.

Cette cabine 21-28 est exactement ce que j’adore et une des raisons pour lesquelles je voyage. Certes, on peut vivre de telles expériences chez soi ou pas loin, mais ce n’est pas pareil : ailleurs, cela nous fait penser et dire « que le monde est petit ». Je pourrais écrire un recueil d’anecdotes similaires qui me sont arrivées…

Oh, nous voilà à Bucarest.


ROUMANIE, BUCAREST, BRASOV, SIGHISOARA, SIBIU

Bucarest

La Roumanie, je voulais la visiter un jour, mais je ne pensais pas que ce serait en 2023. Et j’ai bien fait ! Elle est le deuxième pays à majorité non-slave que je visite dans les Balkans, après la Grèce (enfin, Thessalonique uniquement). Je ne parle pas roumain et connais bien peu du pays. Alors c’est l’occasion d’en apprendre plus et de sortir de mon univers slavo-balkanique.

Alors voilà, je suis à Bucarest pour 4 jours. Je loge dans le centre, dans une auberge de jeunesse où l’hôtesse d’accueil est française, une de mes voisines de lit irlandaise, l’autre nigérien, la prochaine chilienne. C’est avec elle que j’ai le plus sympathisé et échangé. Nous discutions jusqu’à pas d’heure, en anglais et en espagnol, et discutons encore de temps en temps. Chilienne vivant à Berlin, elle faisait un tour des Balkans en sac à dos, de même que l’Irlandaise.

Contrastes architecturaux

Bucarest est très intéressante : les quelques maisons qui ont survécu au plan Ceausescu de destruction et reconstruction de la capitale sont des traces du passé et de l’histoire roumaine, mélange de latinité, slavité, ottomanité, magyarité (hongroiseté) et germanité. Cette ville est pleine de contrastes architecturaux surprenants et déroutants : vielles maisons du cœur historique, bâtiments dignes d’une mini-Paris (article à venir), bâtiments et blocs communistes en béton recouverts de publicités, construction modernes isolées ou superposées à d’anciennes constructions, églises et monastères.

Eh bien, je dois l’avouer : Bucarest est la ville, parmi toutes celles que j’ai visitées, qui m’a le plus plu par rapport à cela. En revanche, le reste ne m’a pas tant conquis que ça : musées plutôt pauvres (comparé à d’autres pays) mais agréables et intéressants quand même, voituromanie (article à venir), impression de pauvreté et saleté assez présente dès que l’on s’éloigne du centre historique et touristique. Mais bon, voyager, pour moi, ce n’est pas uniquement apprécier ce que j’expérimente, mais expérimenter tout court, me faire réfléchir, me faire aller au-delà de ce que je pensais, me surprendre dans tous les sens du terme.

Mon séjour à Bucarest m’a donc plu car il m’a déstabilisé et fait apprécier – oui, d’un point de vue strictement personnel et subjectif – les contrastes entre les envies de grandeurs de Ceausescu et les quelques îlots pré-communisme qui ont survécu.

Allez, direction la Transylvanie.

Brașov

J’entre en Transylvanie par le train, seul moyen de transport interurbain que j’ai pris en Roumanie, malgré sa lenteur. Au moins, on a le temps d’observer le paysage, prendre des notes, rattraper ses lectures.

Brașov ne m’a pas plu. Quoi ? Comment ? Que dis-je ? Une ville d’Europe centrale aux airs de mini-Vienne ne me plaît pas ? Oui oui. Mais mon ressenti s’explique peut-être par le fait que je commençais à fatiguer et à me lasser de voyager et de voir de nouvelles choses tous les quelques jours. Et ça me le fait à chaque fois que je voyage. Ceci dit, la ville est belle, mais je ne m’y suis pas senti à l’aise. Et je ne suis pas allé au « château de Brasov » qui en fait ne l’est pas : le tout n’est que supercherie commerciale et touristique. Et ça fonctionne ! Mais pas avec moi.

Je vais manger tôt une pizza (oui, produit typiquement roumain, me direz-vous) et rentre rapidement à l’auberge pour me coucher tôt car mon train du lendemain pour Sighișoara part à 7h. Dans une gare où je vois, pour la première fois de ma vie, un distributeur de livres. Je ne sais trop quoi en penser, mais cela me rappelle le distributeur de médicaments que j’avais vu en Slovénie

Sighișoara

Je quitte donc le pied des Carpates et me dirige vers la plaine en plein centre de la Roumanie, pour mon avant-dernière étape de ce voyage. Je me sens déjà mieux : levé tôt, requinqué, je croise des hérissons et grimpe sur la colline où est construite la vieille ville de Sighișoara. De nouveau, une version miniature d’une grande ville, disons Prague, cette fois-ci. Que c’est beau ! Des couleurs, toutes plus vives les unes que les autres, des ruelles pavées, des places et placettes et, surtout, des dizaines de belles fenêtres perçant de belles façades. J’observe tout et des détails. Et, je remarque : rien n’est droit.

Il fait beau il fait bon, je passe dans chaque rue et m’imprègne de l’atmosphère chaleureuse et réconfortante. Églises, tours de fortifications, petites maisons et maison de Dracula (dans laquelle je n’entre pas). Je m’installe en terrasse du café House on the Rock, sur la Piata Cetatii, à deux pats de mon auberge Burg hostel, où je croise un des passagers du train qui m’a mené jusqu’à Bucarest. Et là, j’observe les gens, les oiseaux, et le petit train touristique qui passe toutes les 10 min. Je prends des notes et bouquine. Je profite des sons, odeurs et couleurs, et perçois que l’automne n’est pas loin.

Sibiu

Le 12 au matin, je quitte Sighișoara et vais à Sibiu, ma dernière étape, après une correspondance éclair à Medias, où je m’arrête et vais marcher un peu. Sur le parc de la place centrale, au sol : un mégot de cigarette bulgare.

Me voici à Sibiu et, on ne m’avait pas préparé, malgré son surnom de « perle de la Transylvanie » : je tombe amoureux. Pas surprenant, puisque cette ville est une mini-Vienne (une de plus). Plusieurs places, grandes et petites, permettent de créer des endroits aux ambiances différentes. Églises et remparts, escaliers et jardins. Parmi les bâtiments, bien que principalement de style néoclassique, on trouve aussi du style baroque, et même des airs de Méditerranée italienne. Bref, superbe mélange d’architectures et d’influences à Sibiu qui a profité de son statut de capitale européenne de la culture en 2007 et des fonds alloués.

Derniers instants de ce voyage…

Je mange à l’Atrium et profite du pianiste qui joue pendant 3 heures et accompagne mon repas, mes notes et mes lectures. Je vais ensuite me balader et faire le tour, pour la troisième fois, de la ville, mais de nuit. Puis je vais rejoindre ma chambre de 10 lits de l’auberge B13, où j’ai l’énorme chance de dormir seul. Ma dernière nuit, seul. On voit ça comme on veut mais moi, c’est loin de me déranger.

Le lendemain, je vais au Tea and Coffee Archive pour travailler un peu. Puis je rerereretourne dans la ville, mais cette fois dans la ville basse, moins fastueuse mais peut-être plus authentique. Et, à Sibiu, peu importe où vous êtes : on vous observe (ces ouvertures étaient conçues pour aérer les greniers).

Voilà : je reprends mon sac à dos, prends le bus pour l’aéroport et rentre à Londres pour deux semaines avant de repartir pour Istanbul.

sibiu
Détails, Sibiu, Roumanie

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